Archive for novembre, 2010

Les dangers du perfectionnisme

lundi, novembre 15th, 2010

Le fait de faire les choses bien ou y remédier avant d’aller plus loin ; avoir des normes ; nous devrions l’appeler « perfectionnisme ».

Or il n’a rien à voir avec le fait de bien faire les choses. Cela n’a rien à voir avec le fait de remédier aux choses. Cela n’a rien à voir avec les normes.

Le perfectionnisme, c’est le refus d’aller de l’avant. C’est une boucle, un système obsessionnel, fermé, débilitant qui vous arrête sur les détails, dans votre écriture, votre peinture, votre art pour vous en faire perdre l’ensemble.

Au lieu de créer librement, permettant aux erreurs de devenir, par la suite, des visions intérieures, souvent nous nous acharnons à vouloir obtenir les détails justes. Nous corrigeons notre originalité dans une uniformité qui manque de passion et de spontanéité. « N’ayez pas peur des erreurs, nous dit Miles Davis. Rien n’est erreur. »

Le perfectionnisme réécrit le vers d’un poème toujours et toujours – jusqu’à ce que plus aucun vers n’aille. Le perfectionniste retrace la ligne du menton d’un portrait jusqu’à ce que le papier se déchire. Il écrit tant de versions de la scène I qu’il n’arrive jamais à la fin de sa pièce. Le perfectionniste écrit, peint, crée avec un œil sur son public. Au lieu d’avoir du plaisir à créer, le perfectionniste est constamment en train d’évaluer les résultats.

Le perfectionniste a épousé le côté logique du cerveau (cerveau gauche). Le critique (le censeur) règne en roi dans le ménage créatif du perfectionnisme.

Pour le perfectionniste, il n’y a pas de premiers essais, de croquis bruts, d’exercices d’échauffement. Chaque essai est prévu pour être définitif, parfait, serti.

Au milieu d’un projet, le perfectionniste décide de le relire dans sa totalité, d’en faire un compte-rendu et de voir où cela l’emmène.

Et où cela conduit-il ? Très tôt, nulle part !

Le perfectionniste n’est jamais satisfait ; il ne dit jamais : « C’est bien. Je pense que je vais continuer. » Pour lui, il y a toujours possibilité de faire mieux. Le perfectionniste appelle cela l’humilité. En réalité, c’est de l’égoïsme. C’est de la fierté qui nous pousse à écrire un script parfait, à peindre une peinture parfaite, à réaliser un monologue d’audition parfait.

Le perfectionnisme, ce n’est pas une quête du meilleur. C’est la poursuite du pire de nous-mêmes, cette partie en nous qui dit que rien de ce que nous faisons ne sera jamais assez bon, que nous devrions essayer à nouveau.

Non, il ne faut pas.

Une peinture n’est jamais finie. Elle s’arrête simplement dans des lieux intéressants » dit Paul Gardner. Un livre n’est jamais fini. Mais à un certain point, vous arrêtez de l’écrire et vous passez à l’étape suivante. Un film n’est jamais monté parfaitement mais, à un certain point vous lâchez du lest et vous décidez qu’il est fini. C’est normal dans la créativité – laisser aller. Nous faisons toujours du mieux possible à la lumière de ce qu’il faut voir.

Et comme dit Dali : « Ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais ! »

Le perfectionnisme se manifeste par des pensées binaires en « tout ou rien » (ex : si mon article n’est pas parfait, il est nul ! », par des généralisations (ex : je fais toujours des erreurs, jamais je n’y arriverai ! » et par les tyrannies du type « il faut », « je dois », etc.

Le perfectionnisme a cela de dangereux qu’il a des effets destructeurs secondaires : cognitifs (ruminations, perte de concentration) ; sociales (isolement ; problèmes relationnels) ; émotionnels (anxiété, dépression) ; comportementales (vérifications, temps excessif, procrastination).

Alors, et si on arrêtait de s’évaluer, de se comparer, de se juger et qu’on vivait la vie, pas après pas comme une succession de petits succès, qu’on réussissait à dire « non », qu’on acceptait les critiques.

Et si l’on se détachait de nos vieux schémas tout poussiéreux, et l’on devenait l’être que l’on est déjà.

Alors, dès demain je vous invite à faire l’exercice suivant :

Les petites frustrations du quotidien

1.      Décrire la situation qui m’a angoissée (par exemple) en 1 ou 2 phrases et ce, chaque jour.

2.      Le faire quasi en simultané dès qu’il y a un pue d’anxiété.

3.      Noter la 1ère pensée qui vient à l’esprit ; la pensée « automatique »

4.      Noter le sentiment qui me vient (nommer l’émotion)

5.      Evaluer l’intensité (du moins au plus) de 1 à 10

6.      Au bout de plusieurs qui se répètent, voir les pensées limitantes

7.      Déterminer les besoins

8.      Symptômes : par quoi cela se manifeste-t-il ? (physiologique, psychique, comportemental)

 

Intention

mardi, novembre 2nd, 2010

C’est en allant au marché qu’un samedi matin, j’ai compris ce qu’était une intention.

Pour y aller, j’ai une grande côte à monter et chaque fois, c’est une petite souffrance car elle demande des efforts et génère de la fatigue….

Ce matin-là, un jeune homme la grimpait sur un petit vélo et la descendait, un groupe de personnes l’attendait au bas de la côte et l’applaudissait à son passage.

C’était la 6ème fois qu’il le faisait. Il était tout rouge et peinait à la montée.

J’ai demandé si c’était une préparation mentale.

On me répondit que c’était à l’occasion de ses 30 ans.

J’ai continué à monter la côte en me disant que c’était une épreuve qui me faisait penser à un rite d’initiation, un rite de passage comme il en existe dans les sociétés traditionnelles…

Cette côte symbolise la vie, avec des épreuves, des obstacles qui freinent notre créativité, notre élan créateur.

Désormais, je vivrai cette montée avec une nouvelle intention, celle de surmonter les obstacles de la vie avec plus de légèreté et d’avancer sur mon chemin avec joie et bonheur.